Il était une fois… Saint Just-en-Chevalet…
Le nom…

Ne peut être établi avec certitude et fait l’objet de bon nombre de suppositions…

  • Du latin « cavatus » : creusé, vallonné, correspondant ainsi à la topographie caractéristique des alentours (certains hameaux sont ainsi dénommés Chavallard, Chanet, Chavannes…) ;
  • Village avec « relais de chevaux » puisque positionné au carrefour de voies romaines ;
  • A cause de la forme des premières habitations…
  • De « chevalier » du fait des châteaux alentours, habités par des chevaliers…

Le Blason…

Sur une partie un cheval noir « gai » (c’est-à-dire sans harnais) cabré de sable sur sinople.Sur l’autre partie un dauphin d’or symbole de la province du Forez.


Les Origines…

D’aussi loin qu’on s’en souvienne, Saint Just-en-Chevalet a toujours été la capitale du Pays d’Urfé.

Avant de s’appeler Saint Just-en-Chevalet, seul le quartier actuel du « vieux château » existait, formant une agglomération autour de la fontaine publique de la Conche (du latin « concha » : bassin), située à l’intersection de deux antiques voies romaines devenues routes départementales.

Au Moyen-Age, la ville était abritée à l’intérieur de hautes murailles et de solides portes.


L’Histoire Au Fil Du Temps…

Au XIème siècle, dans ce premier quartier, tout laisse supposer qu’une chapelle était dédiée à Saint Just qui fut évêque de Lyon, formant ainsi une paroisse.

Jusqu’au XIIIème siècle, deux groupes d’habitations existaient, dont l’une à l’extérieur des fortifications moyen-âgeuses. Le « découpage » intervenant rue d’Urfé.

Un hôpital, situé dans le quartier du Château, existait au XIIIème siècle, détruit pendant les guerres de religion. Il fallut attendre 1826, pour qu’un hospice soit édifié puis approuvé par ordonnance royale de Charles X en 1827… Il perdura une centaine d’années, tandis que le nouvel hospice s’établit en 1933, régi par les Soeurs. Son expansion et sa gestion par un personnel civil se fit au fil des années jusqu’à l’inauguration de la maison de retraite actuelle en 1981.


C’est au XIVème siècle que la chapelle abritant Notre-Dame du Château a été édifiée par Louis II de Bourbon et Anne Dauphine, son épouse, alors que Saint Just possédait déjà deux églises. S’y déroulèrent deux événements importants : le sacre de Monseigneur d’Albon en 1564 (réfugié sur le territoire pour fuir la peste qui décimait Lyon) et les funérailles d’Anne d’Urfé, propriétaire du Château des Cornes d’Urfé, en 1621…En 1766, du fait du déclin de la famille d’Urfé, le château, ses terres et la chapelle furent achetés par le Marquis de Simiane qui détruisit l’ancien château et édifia la bâtisse actuelle.

C’est en 1781 qu’Antoine DE MEAUX en devint propriétaire à son tour.

La Révolution vit la chapelle transformée en salle de votes malgré l’implication d’Antoine DE MEAUX qui fut guillotiné à FEURS pour l’avoir défendue.

En 1794, Romain PERRET, simple citoyen, l’achète, l’entretient et l’ouvre au public. Le 2 février 1840, il la cède gracieusement à la Commune par cette déclaration :« je me désiste en faveur de la commune de Saint Just de tous les droits que j’ai sur « l’Eglise de Notre Dame, située au Château, Commune de Saint Just-en-Chevalet, « afin qu’elle puisse en jouir comme elle avisera sans aucune manière à ce sujet « directement ou indirectement, à la conditions néanmoins qu’elle ne servira qu’au « culte. La présente déclaration faite à aujourd'hui 2 février 1840 – signé PERRET ».


Quelques Anecdotes Saint Juraudes…

Fabrication de l’électricité

le Gour-Saillant, site naturel de la Commune, fut l’une des toutes premières usines hydroélectriques de France…. Pendant des siècles, une roue à aubes en bois fonctionnait. Après 1900, une dynamo a été installée dans le moulin, à l’initiative de la Baronne de Rochetaillée, faisant ainsi arriver le modernisme presque en même temps que dans les villes !!...

Origine du « taboulé »

Sieur BOYSSONNET, métayer-écuyer, originaire du hameau de Tabouillet, à quelques kilomètres de Saint Just-en-Chevalet, accompagnait son Maître, le Comte Raoul, seigneur d’Urfé et de l’Abbaye Saint Thibault de Saint Just-en-Chevalet, lors de la première croisade, entre 1097 et 1098. Lors de la prise d’Antioche, la disette commence à s’installer, disséminant de nombreux croisés. Alors, sieur BOYSSONNET s’introduit en ville, déguisé, et découvrit le KISIR, plat local, constitué de semoule de blé, tomates, oignons, huile, citron, menthe, persil. Il en fit parvenir aux croisés qui retrouvèrent instantanément leurs forces… Le KISIR était devenu le TABOULE, en référence au sieur de Tabouillet, le sauveur des croisés, le promouvant ainsi sur la totalité du pourtour méditerranéen !!! D’ailleurs, les maîtres d’hôtel libanais ne rapportent-ils pas que ce plat est « l’invention d’un croisé français » ??... !!!


XXième siècle...

St Just en Chevalet devient un petit coin tranquille, situé à une altitude comprise entre 600 et 1000m entre les Monts de la Madeleine, Les Bois Noirs et le Haut Forez au limitrophe du Bourbonnais et de l’Auvergne.

Pendant la Seconde Guerre mondiale le village était placé sous l'autorité du gouvernement de Vichy et certaines familles de St Just et de ses environs ont caché plus de 130 Juifs.

En 2008 St Just en Chevalet a été honoré par l'association juive "Hommage aux villages de France". Une plaque sur le mur de la Mairie commémore cette cérémonie et le courage des gens de St Just en Chevalet et de ses environs.


Reportage de TF1 28 juin 2008